A Daumesnil, Perl mobilise l’épargne privée en faveur du logement social

22/06/2018

Dans le 12e arrondissement de Paris, 47 logements sociaux et 6 logements très sociaux seront gérés pendant 20 ans par la RIVP et l’association SNL, avant de revenir en pleine propriété aux particuliers qui auront initialement investi en adhérant au principe d’Usufruit Locatif Social.

Il aura fallu six ans avant que la première pierre du programme "Carré Daumesnil" ne soit posée rue de Toul. C’est chose faite depuis le 19 juin 2018, et symbole des relations désormais apaisées avec les riverains, leurs représentants ont participé à la cérémonie aux côtés des élus parisiens et de l’ensemble des partenaires du projet : le maître d’ouvrage Perl, l’architecte Anthony Béchu, Bouygues Bâtiment Habitat Résidentiel qui pilote les travaux, la RIVP et la SNL. Sur ce site d’une ancienne émaillerie, que le PLU parisien réservait à la construction de logements sociaux, Carré Daumesnil comptera, à compter de 2019, 53 logements, du studio au 5 pièces. 27 seront des logements sociaux classiques (Plus), 20 des logements locatifs intermédiaires (PLS) et 6 des logements très sociaux (PLAI).

Outre sa toiture végétalisée, le bâtiment accueillera une chaudière numérique développée par la start-up Stimergy et déjà expérimentée à la piscine de la Butte aux cailles (Paris, 13e). Elle permettra de préchauffer l’eau chaude sanitaire grâce à l’énergie dégagée par des datacenters installés en sous-sol, contribuant à une maîtrise des charges pour les locataires.

Autre particularité de l’opération montée par Perl, la nue-propriété des logements est acquise à prix décoté par des particuliers épargnant pour leur retraite tandis que l’usufruit des logements est acquis par la RIVP pour les logements Plus et PLS et par l’association SNL pour les six logements très sociaux, des logements passerelles dont les occupants seront accompagnés par l’association. A la fin de la période d’usufruit (20 ans dans ce cas), les particuliers retrouvent la jouissance de leur bien. « C’est le principe de l’Usufruit Locatif Social (ULS), un nouveau modèle immobilier dont Perl est le créateur et le principal acteur. Cette solution permet un cofinancement bailleurs sociaux/particuliers pour créer du logement social, sans subvention publique », résume la directrice générale déléguée de Perl, Anne Mollet. « C’est une manière de résoudre une équation économique devenue compliquée à Paris », constatait le 19 juin, Serge Contat, le directeur général de la RIVP qui mène ici sa cinquième opération avec Perl. Le partenariat avec SNL, dans le cadre d’un rapprochement avec la Fondation Abbé Pierre, est en revanche une première pour la société d’épargne immobilière.

Paris doit être accessible aux classe moyennes
« Une métropole comme Paris doit être accessible aux classes moyennes, il faut des logements abordables », martelait pour sa part Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris chargé du logement, rappelant les objectifs fixés par Anne Hidalgo de 10 000 nouveaux logements par an dont 7 000 logements sociaux, « ce qui ne sera possible que si on met plein de monde autour de la table, des bailleurs sociaux bien sûr mais aussi des acteurs privés », a précisé l’élu, saluant « les bonnes fées  » qui s’étaient penchées sur le projet de Carré Daumesnil.

Au total, Perl a réalisé 834 logements en Usufruit Locatif Social (ULS) en Ile-de-France. Mais ce projet dans le 12e arrondissement revêt un caractère particulier pour la société qui intervient habituellement auprès de promoteurs dans des opérations classiques par des achats en Vefa (vente en l’état de futur achèvement). Pour ce programme composé exclusivement de logements sociaux, elle est cette fois-ci devenue propriétaire du site et maître d’ouvrage de l’opération.

Le 19/06/2018
Le journal du Grand Paris