L’ULS au cœur des quartiers prisés

Avec l’épargne de particuliers, la société Perl construit ou rénove des logements sociaux dans des quartiers jusque-là inaccessibles des grandes villes. En quinze ans, 3 000 familles ont bénéficié de cette offre immobilière « responsable ».

Perl vient d’acquérir trente-six appartements neufs aux Bassins à flot, à Bordeaux, le quartier d’avenir, selon le maire, Alain Juppé. Mais, contrairement aux promoteurs classiques, cette société va tous les proposer en logements sociaux à loyer modéré.
Alain Laurier, un ancien cadre de la direction de l’équipement, a fondé Perl (pour Pierre Épargne Retraite Logement), en 2000, avec l’ambition d’apporter de nouvelles solutions au manque de logements sociaux en France. Son idée est simple : il propose à des particuliers de se porter acquéreur de biens immobiliers en nue-propriété et d’en céder l’usufruit, pendant une durée fixe (quinze ans au minimum), à un bailleur social (Domofrance, Mesolia Habitat...). À charge pour ces derniers d’assurer la gestion locative de l’appartement et de prendre en charge l’entretien du bien, les travaux et les taxes.

Pour séduire les particuliers, Perl monte des programmes immobiliers uniquement dans des quartiers recherches de grandes villes : Bordeaux, La Rochelle, le bassin d’Arcachon... « Et, en nue-propriété, l’investisseur bénéficie d’une décote de l’ordre de 35% à 40% sur le prix d’achat, équivalent aux loyers, nets de fiscalité », met en avant Christophe Duportal, directeur de l’agence Perl dans le Sud-Ouest. Au terme des quinze années, le propriétaire peut récupérer son logement pour l’habiter, le louer ou encore le vendre. « Le bailleur social s’engage à lui rendre le bien en bon état », précise-t-il. Un avantage non négligeable pour des propriétaires échaudés par des problèmes avec des locataires.

Ce système, appelé Usufruit locatif social, a d’ailleurs été reconnu par l’État en 2006 dans la loi « Engagement national pour le logement ». Car pendant toute la durée de démembrement du droit de propriété, il permet à des familles de bénéficier d’un appartement dans des quartiers « chics », idéalement situés, près des transports en commun. Une manière efficace d’introduire de la mixité sociale.

01 Juin 2015
La Croix