L’usufruit locatif social de Perl séduit l’Ile-de-France

10/04/2017

 
Le dispositif qui consiste à faire financer des logements sociaux par des épargnants présente un double intérêt : permettre à ces derniers de se constituer un patrimoine sécurisé et répondre au déficit de logements abordables en zones tendues, sans avoir recours à du financement public. Initiatrice de cette formule, la société Perl produit un millier de logements en ULS chaque année, dont la moitié en Ile-de-France.
 
La société immobilière Perl (Pierre Épargne Retraite Logement), rachetée par Nexity en 2014, a profité du dynamisme de la conjoncture immobilière de 2016. Son chiffre d’affaires a bondi de 25 %, à 232 millions d’euros, dont plus de la moitié (55 %) est générée par l’Ile-de-France. « Les zones de forte de tensions foncières à l’instar de Paris et de la première couronne font partie de nos secteurs de prédilection », souligne Thomas de Saint Leger, directeur général de Perl qui se revendique comme 1er partenaire des acteurs de l’habitat pour l’usufruit locatif social (ULS). Créé par Perl, cette solution permet de proposer une offre complémentaire de logements sociaux et intermédiaires dans des zones où il est difficile de se loger.
 
Le principe consiste à mobiliser l’épargne des particuliers pour produire des logements, les épargnants réalisant en retour un investissement en nue-propriété pour se constituer un patrimoine. Ils acquièrent un bien immobilier dont l’usufruit est « rétrocédé » pendant 15 à 20 ans à un bailleur social qui le loue à des actifs sous plafonds de ressources et à des loyers conventionnés. « Notre ADN est le démembrement, fait valoir le dirigeant, c’est-à-dire la séparation de la notion d’usage de celle de propriété. » La formule qui a séduit 4 000 investisseurs et mobilise 1,3 milliard d’euros d’épargne privée va être développée sur le logement intermédiaire.
 
3.000 logements en ULS depuis 2000
La production annuelle de Perl d’un millier de logements s’opère soit dans des immeubles entiers, soit en diffus dans des programmes proposant de l’ULS, du social et de l’accession. En Ile-de-France, la société a produit 3.000 logements ULS depuis 2000 dans 87 programmes répartis dans 38 villes et 17 dans 8 arrondissements de Paris. Depuis le début de l’année, deux programmes dont les travaux viennent de débuter ont été commercialisés à Paris et à Chaville (Hauts-de-Seine). Le premier situé dans le 18ème arrondissement porte sur la transformation d’un immeuble haussmannien de 24 logements, réalisée par Bouygues immobilier et les architectes Antonini et Darmon. Le second concerne un programme neuf de 30 appartements porté par Linkcity avec l’Atelier Cosquer.
 
« Les collectivités locales trouvent un avantage à l’ULS dans la mesure où du logement social est créé sans financement public, argue Thomas de Saint Leger, à condition toutefois de trouver de bonnes opportunités foncières. » Les chantiers engagés dans le cadre du Grand Paris express se présentent évidemment comme des « opportunités de développement » pour Perl, ainsi que le secteur de l’éventuel village olympique. « Nous sommes très attentifs à ces projets et aux opérations d’envergure telles que le plateau de Saclay, indique Thomas de Saint Leger, nous nous rapprochons des aménageurs et des promoteurs pour être en amont des projets de manière à intégrer des tranches ULS dans les futurs programmes. »
  
Le journal du Grand Paris
10 avril 2017